Les passeurs de livres de Daraya – Delphine Minoui

Chronique #156

Titre : Les passeurs de livres de Daraya
Auteure : Delphine Minoui
Éditions : Points
Genre : Témoignage
ISBN : 978-2-7578-7185-0
Pages : 166
Ma note : 20/20

Résumé :
« Bachar al-Assad s’était juré de les enterrer vivants, d’ensevelir leur ville et leurs espoirs. Daraya, un des berceaux du printemps syrien de 2011, à sept kilomètres de Damas, est devenu un tombeau à ciel ouvert. Mais sous les bombes, les derniers insoumis assiégés ont bâti une forteresse de papier pour résister : pendant quatre années de blocus, Ahmad, Shadi, Hussam ou Omar ont exhumé des milliers d’ouvrages ensevelis sous les décombres de la ville et les ont rassemblés dans une bibliothèque secrète, calfeutrée dans un sous-sol. Au coeur du chaos, un refuge où la parole circule, contre les atrocités, l’absurde, l’oubli… »

Ce livre m’a été offert par Aline au pays des pages pendant une sorte de SWAP d’échange de livres qui nous a marqué. Encore merci de m’avoir fait découvrir ce bijou de la littérature.

Il s’agit donc de « Les passeurs de livres de Daraya » de Delphine Minoui. Je ne connaissais absolument pas cet ouvrage. Qui pourtant, à mon sens, devrait être lu par absolument tout le monde. Habituellement, je ne lis pas de romans (ou autres) se passant hors de la France ou des USA. Ce n’est pas un choix, c’est juste que généralement, les titres ne m’attire pas.

Il s’agit ici d’un témoignage de notre Histoire. Je ne parle pas de la France, mais de l’Histoire avec un grand H. L’Histoire au sens de l’humanité. Cette œuvre raconte le vécu de l’auteure alors qu’elle prends contact avec Ahmad, un des insoumis de Daraya après avoir une photo de « Human of Syria », ou l’on voit une bibliothèque. Il s’agit de la bibliothèque secrète de Daraya.

Il faut savoir que cela prend place pendant le soulèvement de Daraya, une ville de Syrie. Soulèvement pacifiste qui pourtant, n’est pas perçu comme telle par Bachar al-Assad. Celui-ci les voit comme des terroristes, qui faut exterminé. Car ils ne sont pas dociles au régime en vigueur. Comme il le dit « C’est moi ou le chaos ». Aucune pitié.

Pendant ce soulèvement, les militants se sont mit à rassembler tout les livres qu’ils pouvaient, dormant sous les décombres, pour les stocker dans un sous-sol, en faisant alors une bibliothèque en libre accès pour les civils, les militants, les soldats qui tiennent le siège de Daraya. Pendant quatre longues années, Delphine va avoir des échanges de tout genre avec « la bande de Daraya », ses jeunes pleins d’espoirs et de rêves pour leur pays. Par échange vidéos Skype, SMS, Whatsapp, on va suivre ce petit bout de vie que l’on ne peux pas imaginer nous, habitants d’un pays qui n’est pas en guerre.

On vit la détresse de l’auteure qui a vécu dans l’inquiétude, sans jamais pouvoir les rejoindre, ne pouvait que les soutenir par la pensée. Mais aussi on vit sa vie, avec sa fille, Samara, à Istanbul. On vit par procuration les joies et les peines de cette bande d’hommes qui part la littérature ont réussi à garder espoir en l’humain.

C’est la littérature toute nouvelle pour certains qui a réussi à les faire tenir. Montrant alors aux lecteurs que la culture est quelque chose de profondément bénéfiques. Ce livre nous montre aussi qu’il ne faut pas se plier aveuglément aux règles de notre société, qu’on a le devoir de se soulever, de faire entendre notre voix quand cela est nécessaire. Ce livre est une leçon de vie, un devoir de mémoire, qui a mon sens devrait être lu par tout le monde.

Un homme cultivé est un être dangereux, car capable de réfléchir, voilà pourquoi Daraya semblait poser tant de problèmes. Alors qu’ils souhaitaient plus de respect… Simplement.

C’est un récit bouleversant, qui vous prend aux tripes aux premières pages. La plume est merveilleuse et les émotions sont parfaitement retranscrites.

Pour finir, je tiens à faire un petit hommage à Omar, un garçon qui a était prit trop tôt à la vie. Il en avait encore une longue devant lui. Malgré tout, il s’est battu jusqu’au bout pour ce qu’il croyait juste. J’ai aussi une pensée, pour tout les autres, Ahmad, Shadi, Hussam, Ustez… Malgré le malheureux destin de Daraya, son idéale vit à travers ce livre, à travers les personnes atteintes par sa lecture.



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