Dora la dingue – Lidia Yuknavitch

Chronique #191

Titre : Dora la dingue
Autrice : Lidia Yuknavitch
Éditions : 10/18
Genres : Contemporain ; LGBT+
ISBN : 978-2-264-06421-9
Pages : 255
Ma note : 15/20

Résumé :
« Dora est allergique au moindre geste d’affection. Le hic : elle aime secrètement sa meilleure amie, et c’est réciproque. La poisse : ses parents l’envoient consulter. La guerre est déclarée. Entre les séances farfelues avec son psy et les frasques provocantes de sa drôle de bande, Dora entend bien contrer le moralisme ambiant pour affirmer sa différence, dans un joyeux fracas. Un hymne déjanté à l’adolescence et aux névrosés de tous bords, conté par la petite sœur spirituelle de Tyler Durden de Fight Club. Punk, féministe, hilarant : inoubliable. »

Ce n’est pas un livre que j’ai acheté, c’est un livre qu’un.e ami.e m’a prêté. Ce qu’iel m’a dit dessus m’a séduit directement, j’avais envie de lire. Un récit un peu loufoque avec comme personnage Sigmund Freud.
Oui, vous avez bien lu. Sigmund Freud, dans le monde moderne ! Je pouvais clairement pas passer à côté.

Dora s’appelle en réalité Ida. C’est une adolescente perturbée. Dans le sens ou elle à des idées étranges, qu’elle fait beaucoup « n’importe quoi », pour ses parents. De plus, il lui arrive de ne plus arriver à parler, ou de tousser. Comme pour fuir les situations. Elle ne vit qu’avec sa famille de cœur. Ses ami.e.s qui arrivent à la comprendre, qui sont tout aussi ravagés qu’elle par la vie.

Dans ce roman, beaucoup de thèmes importants sont abordés dans ce petit roman, le rapport à la sexualité, la drogue, l’alcool, l’identité…

J’ai énormément aimé lire ce roman, c’est un coup de cœur et je le souhaite même dans ma bibliothèque. Tout d’abord, il y a la façon de parler de Dora, qui est trash et qui donne un réel relief au roman, vu qu’en plus, c’est elle la narratrice.

Ensuite, les personnages. Ils sont tous très bien développés, sans plus de détails, mais nous avons juste assez pour s’attacher à eux. Nous avons notamment quatre personnages LGBT+, avec deux lesbiennes (c’est ce qu’on pense, il n’y a rien qui laisse penser à une bisexualité), mais aussi une femme transgenre et un jeune homme gay (si je me rappelle bien pour lui).

C’est aussi plaisant de lire quelque chose qui n’est pas posé, qui est toujours en mouvement, qui s’emballe jusqu’à aller très loin dans une histoire ou l’on veut absolument connaître la suite et la finalité.

Et enfin, le personnage de Freud. Les passages avec le psychiatre pendant les consultations ou autres sont intéressants à lire, voire hilarant vu ce qu’il se passe. On suit Dora, mais aussi, le personnage de Freud, dans sa vie hors cabinet, par les yeux de la jeune femme. Le plus intéressant pour moi, a été de découvrir que l’autrice s’est inspirée d’une réelle étude de cas de Sigmund Freud, pour écrire ce roman, «  Fragment d’une analyse d’hystérie (Dora) ».

Pour finir, les points négatifs pour moi, il y en a vraiment peu.
Déjà, quelque chose d’infime. L’utilisation du mot « Travelo » à certains moments pour qualifier la femme transgenre dans le roman, car pendant qu’elle travaillait, elle était obligée d’être l’homme que la société perçoit d’elle. J’ai toujours eu du mal avec ce mot, mais voilà, c’est aussi la façon de parler de Dora, qui n’est pas transphobe à la base. Elle utilise même des phrases assez simple pour la qualifier que je trouve très belles.

Point important qui moi ne m’a pas vraiment plu. Parce que j’aime les détails. L’histoire se barre littéralement en sucette, avec une course poursuite, une prise d’otage, une cavale… Et à la fin, une sorte de fin qui fait penser à une fin juste faite pour mettre une fin à cet évènement rapide. J’ai eu l’impression de voir avec ces évènements, un film d’action hollywoodien. Mais finalement, même si ce côté ne m’a pas plus parce que trop peu d’explication à certains moments (du genre, comment ils ont pu arriver là ?), je me dis que c’est peut-être en lien avec la passion de Dora pour le cinéma. Est-ce que ce n’est pas elle, la narratrice, qui voit tout cela comme un film d’action et qui raconte cela comme ça ?

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